Portefeuilles profilés Quantalys : bilan

Publié le 20/01/2016 - Philippe Maupas
7 ans après le lancement de nos 3 portefeuilles profilés, un bilan satisfaisant

Les portefeuilles profilés Quantalys ont été lancés il y a 7 ans,  en janvier 2009. Notre objectif était de montrer en situation quasi-réelle les capacités de notre algorithme de construction de portefeuilles. Nos portefeuilles sont visibles sur la page d'accueil de notre site, ainsi que dans une section dédiée.

Nous travaillons pour les constituer dans un bassin de plusieurs centaines de fonds facilement accessibles par les investisseurs, que ce soit via les banques en ligne ou dans l'assurance vie.

Les critères d'inclusion des fonds dans notre bassin de travail sont les suivants : fonds de plus de 3 ans agréés à la commercialisation en France et référencés dans au moins 3 des contrats d'assurance vie suivis par Quantalys.

Ces portefeuilles sont établis par notre algorithme de construction de portefeuille, accessible dans la version payante de nos outils. Cet algorithme est spécialement paramétré pour travailler sur les données des 24 mois précédents.

Chaque portefeuille réplique une allocation d'actifs constituée d'indices de marché : pour la poche actions, nous utilisons des indices MSCI, bien entendu dans leur version dividendes réinvestis. Pour la poche obligataire, nous utilisons des indices ML Bank of America. Le détail des allocations d'actifs de référence est fourni ci-dessous.

Une fois un portefeuille constitué, il évolue librement pendant 2 mois. Deux mois après (plus précisément vers le 6 du mois suivant), l'algorithme tourne de nouveau sans tenir compte de la constitution actuelle du portefeuille et construit un nouveau portefeuille de fonds répliquant l'allocation d'actifs du profil. Potentiellement, l'intégralité du portefeuille peut ainsi être renouvelée par l'algorithme. Dans les faits, ce n'est jamais le cas. Le portefeuille est ensuite arbitré au 1er du mois.

Dans le calcul de la performance des portefeuilles de fonds, nous n’appliquons par convention aucun frais (versement, rachat, arbitrage ou droits de garde). Bien entendu, le calcul de performance tient compte des frais courants et des commissions de surperformance des fonds, qui sont déduits des valeurs liquidatives. Les performances de nos portefeuilles sont donc données à titre indicatif seulement et rien ne garantit qu'un investisseur aurait obtenu des performances égales à celles que nous calculons en raison des frais qu'il aurait effectivement encourus de la part de son intermédiaire.

La performance de l'allocation d'actifs de chaque portefeuille est celle d'indices de marché qui, par construction, ne comportent pas de frais de gestion. Répliquer ces allocations d'actifs est possible via des ETF répliquant eux-mêmes chacun des indices de l'allocation d'actifs. La performance effectivement obtenue par un investisseur serait inférieure à celle de l'allocation d'actifs telle que nous la calculons car les ETF ont des frais de gestion et les transactions sont soumises à des frais de courtage.

Nous avons créé 2 familles de portefeuilles : à partir de janvier 2009, 3 portefeuilles profilés pouvant être achetés dans un compte-titres ordinaire ; et à partir de janvier 2010, 11 portefeuilles 100% unités de compte constitués dans les principaux contrats d'assurance vie distribués sur internet. Pour ces derniers, le bassin de fonds utilisé est bien entendu celui des unités de compte référencées dans les contrats. Nous reviendrons sur les performances de nos portefeuilles assurance-vie dans un article séparé.

Les données de performance et de risque mentionnées dans cet article sont arrêtées au 31 décembre 2015. Nous indiquons la performance 2015 des portefeuilles, ainsi que les performances sur 5 ans et depuis la création (soit depuis 7 ans). La performance 2015 est donnée à titre indicatif, une durée d'un an étant bien trop courte pour les 3 profils pour tirer quelque conclusion que ce soit.

Par convention, dans la colonne "Différence" des tableaux de performance, apparaissent en vert les différences en faveur de notre portefeuille, et en rouge les différences en défaveur de notre portefeuille, dans les deux cas par rapport aux performances de l'allocation d'actifs de référence.

Le ratio de Sharpe mesure le gain de performance du portefeuille au-delà du taux sans risque par point de volatilité. Par exemple, un ratio de Sharpe de 1 signifie que le portefeuille a enregistré un point de performance au-delà de celle de l'indice EONIA par point de volatilité. Toutes choses égales par ailleurs, plus le ratio de Sharpe est élevé, meilleure a été la performance ajustée du risque (ce dernier étant mesuré par la volatilité).

 

Portefeuille prudent

Ce portefeuille réplique une allocation d'actifs composée de 77% d'obligations (dont 27% de monétaire) et de 23% d'actions.

L'année 2015 a été très correcte en matière de performance par rapport à celle de l'allocation d'actifs, résultant, en dépit d'une volatilité supérieure, dans un meilleur ratio de Sharpe .

Sur 5 ans, la surperformance annualisée est de 1,03% et le ratio de Sharpe est inférieur à celui de l'allocation d'actifs, en raison d'une volatilité annualisée supérieure de plus de 1 point.

Depuis la création, la surperformance annualisée est de 1,49% et le ratio de Sharpe un peu meilleur que celui de l'allocation d'actifs, la volatilité supérieure de notre portefeuille étant compensée par sa meilleure performance. Dans le graphique ci-dessous, la performance du portefeuille est matérialisée par la courbe bleue, celle de l'allocation d'actifs par la courbe rouge.

La perte maximum de ce portefeuille depuis son lancement s'est élevée à 10,93% contre 5,94% pour celle de son allocation d'actifs de référence. Cette baisse s'est produite entre le 15 mai et le 25 novembre 2011 et le portefeuille l'a effacée le 6 septembre 2012.

Nous ne nous attarderons pas sur la poche monétaire : si l'EONIA a connu une hausse de 0,72% en 2009, première année d'existence des portefeuilles profilés, il a connu une baisse de 0,11% en 2015 et la contribution des fonds monétaires à celle du portefeuille est inexistante. (En revanche, il est clair qu'en période de forte correction sur la plupart des classes d'actifs, la performance relative des fonds monétaires sera beaucoup plus importante.)

Les obligations Europe constituent le socle de l'allocation d'actifs de ce portefeuille, avec un poids de 40%. On y retrouve 2 fonds actifs et un ETF.

Natixis Souverains Euro 5-7 (15% du portefeuille) investit en titres de maturité moyenne émis par des Etats de la zone euro. Géré par Adbel Rani Guermat, il est à fin décembre très sur-pondéré en obligations d'Etat italiennes.

Lyxor UCITS ETF Euro MTS 10-15 Investment Grade (15% du portefeuille) réplique un indice d'obligations des Etats de la zone euro notés qualité d'investissement, avec une maturité longue comprise entre 10 et 15 ans. La Grèce et le Portugal ne font pas partie de cet indice, dont les 2 principaux composants sont l'Italie et la France, chaque pays pesant près de 28% du total.

H20 Multibonds est le fonds sélectionné pour la poche obligations Monde (10% du portefeuille). Fonds tout terrain (sa sensibilité peut aller de 0 à 10) géré par H2O Asset Management, il enregistre des performances hors-normes dans son univers.

On notera que la poche obligataire du portefeuille est en apparence plutôt conservatrice : un autre fonds de la poche Obligations Europe est en effet investi en titres d'Etats de la zone euro : La Française Euro Souverains. Ce fonds géré par Fabien de la Gastine est exposé à l'Espagne (43,82% du portefeuille au 31/12/2015), au Portugal (33,7%) et à l'Italie (21,25%), avec une maturité moyenne de 4,3 ans. C'est donc un pari sur les Etats convalescents d'Europe du Sud, ce que son nom n'indique pas.

 

Portefeuille équilibré

Ce portefeuille réplique une allocation d'actifs composée de 49% d'obligations et de 51% d'actions.

De nouveau, une bonne année 2015 avec une performance très supérieure à celle de l'allocation d'actifs, résultant, en dépit d'une volatilité supérieure de nouveau supérieure, dans un meilleur ratio de Sharpe .

Sur 5 ans, la surperformance annualisée est de 2,06% et le ratio de Sharpe est inférieur à celui de l'allocation d'actifs, en raison d'une volatilité annualisée supérieure de plus de 1,6 point.

Depuis la création, la surperformance annualisée est de 3,1% (un niveau élevé) et le ratio de Sharpe meilleur que celui de l'allocation d'actifs, la volatilité supérieure de notre portefeuille étant compensée par sa meilleure performance. 

La perte maximum de ce portefeuille depuis son lancement s'est élevée à 18,27% contre 11,45% pour celle de son allocation d'actifs de référence. Cette baisse s'est produite entre le 12 mai et le 4 octobre 2011 et le portefeuille l'a effacée le 12 septembre 2012.

On retrouve les mêmes fonds obligataires que dans le portefeuille prudent, dans des proportions évidemment moindres.

Pour la poche actions, on notera l'entrée récente de Dorval Manageurs (12,3% du portefeuille), un fonds actions France géré par Stéphane Furet et Louis Bert chez Dorval Asset Management. C'est la première position de la poche Actions France (22% du total). La deuxième position est Sycomore Francecap (6,4% du portefeuille), fonds géré par Cyril Charlot chez Sycomore Asset Management, et la troisième Gallica (3,3% du portefeuille).

La poche actions Europe est entièrement remplie par l'excellent et très constant BSF European Opportunities Extension Fund de BlackRock (13% du portefeuille).

 

Portefeuille offensif

Ce portefeuille réplique une allocation d'actifs composée de 20% d'obligations et de 80% d'actions.

Là aussi, une très bonne année 2015 avec une performance très supérieure à celle de l'allocation d'actifs, résultant, en dépit d'une volatilité supérieure, dans un bien meilleur ratio de Sharpe .

Sur 5 ans, la surperformance annualisée est de 1,87% et le ratio de Sharpe est inférieur à celui de l'allocation d'actifs, en raison d'une volatilité annualisée légèrement supérieure.

Depuis la création, la surperformance annualisée est de 3,13% (un niveau élevé) et le ratio de Sharpe meilleur que celui de l'allocation d'actifs, la volatilité supérieure de notre portefeuille étant compensée par sa meilleure performance.

La perte maximum de ce portefeuille depuis son lancement s'est élevée à 22,11% contre 18,62% pour celle de son allocation d'actifs de référence. Cette baisse s'est produite entre le 20 février et le 4 octobre 2011 et le portefeuille l'a effacée le 29 novembre 2012.

Pour remplir la principale poche, celle des Actions Etats-Unis (24% du portefeuille), l'optimiseur a sélectionné 2 fonds, tous les deux investissant en valeurs de croissance.

La première position est un ETF,  Lyxor UCITS ETF NASDAQ 100, répliquant l'indice des valeurs-phares du NASDAQ. La première ligne est Apple (11,28% de l'indice), la deuxième Microsoft (8,45%). Suivent les valeurs du who's who du web, de la technologie et de la biotech (Amazon, Alphabet, Facebook, Google, Intel, etc.). Cet ETF pèse 15% du portefeuille.

La seconde ligne est un fonds géré activement par JPMorgan Asset Management, le JPM US Growth Fund (9% du portefeuille).

On notera que pour la poche Europe, en complément du fonds BlackRock, l'optimiseur choisit un ETF sectoriel répliquant un indice FTSE EPRA des foncières européennes cotées : Lyxor UCITS ETF FTSE EPRA NAREIT Developed Europe. Si Unibail Rodamco est la principale valeur de l'indice (dont il représente 11,78%), ce dernier est dominé par les valeurs du Royaume-Uni (33,64% du total).

Pour remplir la poche Actions Asie Pacifique (6% du portefeuille), l'optimiseur a choisi un fonds très constant dans l'excellence, réussissant en outre à appliquer un filtre ESG à son portefeuille (voir ici notre récent article sur les fonds ESG) : SI Asia Pacific Leaders, géré par First State Investments.

Enfin, pour remplir la poche Marché Emergents (6% du portefeuille), small is beautiful : l'optimiseur a en effet sélectionné un fonds JPMorgan Asset Management s'exposant aux petites capitalisations, JPM Emerging Markets Small Caps.

 

Enseignements

7 ans après le lancement, les performances de nos portefeuilles-modèles sont très honorables (avec les réserves liées à la méthodologie mentionnées ci-dessus). L'optimiseur sélectionne indifféremment des fonds gérés activement et des ETF (qui répliquent un indice sous-jacent). La façon dont nous avons paramétré notre optimiseur pour cet exercice théorique conduit par ailleurs à une volatilité et des baisses (les "drawdowns") plus élevées que celles des allocations d'actifs de référence. Il convient, en situation réelle, de s'assurer que ces caractéristiques sont compatibles avec la tolérance au risque et les objectifs de l'investisseur.

Nous ne rappellerons jamais assez l'importance de l'allocation d'actifs du portefeuille : il est nécessaire de la définir avant de choisir les fonds, et de s'y tenir. Pour cela, le rebalancement périodique du portefeuille pour rétablir les poids initiaux est un excellent exercice. Malheureusement, cette option n'est que trop rarement disponible chez les intermédiaires (quasiment jamais dans le cadre d'un compte-titres, parfois dans le cadre de l'assurance vie).

Enfin, ces portefeuilles modèles ne constituent pas un conseil ou une recommandation d'investissement et sont fournis à titre d'information seulement. Dans la "vraie" vie, assurez-vous d'avoir compris le fonds dans lequel vous souhaitez investir, notamment en lisant son prospectus, et si vous ne vous sentez pas capable de construire un portefeuille par vous-même, faites-vous accompagner par un professionnel de la gestion de patrimoine.

Philippe Maupas , CFA, CAIA, CIPM, est co-fondateur de Quantalys et éditorialiste.