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Pourquoi ils ont mis en veille leur projet de robo-advisor... ou les verrous de l'épargne en France
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Patrimoine et engagement
le 30 janvier 2017
à 15:17
#1

Article de Jean-Charles SIMON publié ici sur linked-in et rédigé avec François-Régis Perrier et Oualid Saïdi :

Anciens traders de produits dérivés, passionnés par la finance et désolés par l’archaïsme de la gestion de l’épargne des ménages en France, nous réfléchissons depuis des années sur ce qui pourrait permettre l’émergence d’une offre de rupture sur ce marché. Deux révolutions concomitantes nous apparaissaient évidemment comme particulièrement prometteuses depuis le début des années 2000 : il devenait de plus en plus envisageable de souscrire et gérer totalement un produit d’épargne en ligne ; les ETF ou « trackers » mettaient à la portée de tous les indices répliquant toutes les classes et sous-classes d’actifs imaginables. Marier ces deux bouleversements devait permettre de proposer enfin l’optimum à chacun : des solutions au moindre coût et la possibilité de gérer son épargne de manière tout aussi efficace que n’importe quel professionnel. Sans même se soucier de quoi que ce soit ou avoir la moindre compétence en finance : uniquement en choisissant son couple risque / rendement en fonction de sa situation personnelle.

 

Les débuts réussis de Betterment et Wealthfront aux Etats-Unis nous ont convaincus de sauter le pas : malgré des emplois du temps déjà chargés, nous avons lancé notre projet de « robo advisor » au printemps 2015, convaincus que l’heure de la révolution de l’épargne avait enfin sonné en France. Nous avons mis une bonne année à comprendre que nous avions bien tort.

Pour un tel projet, rien d’insurmontable a priori. Il faut d’abord construire un « moteur » d’allocation. C’est ce qui permet de transformer un profil choisi par le client – plus ou moins risqué, selon son projet (court terme, projet immobilier, retraite…) – en sélection de classes d’actifs. Des méthodes hyper classiques existent depuis des décennies en mathématiques financières, et n’ont cessé de se raffiner depuis. Elles ont aussi leurs faiblesses, mais rien de rédhibitoire, et les gérants professionnels n’ont de tout de façon rien de mieux à proposer.

Il faut ensuite construire la tuyauterie qui va du moteur aux marchés financiers : passer les ordres des transactions, tenir à jour les portefeuilles, automatiser tous les processus documentaires, notamment en matière juridique et fiscale.

 

Reste le plus important, en tout cas le plus visible : la vitrine. Il faut construire cette « expérience client » qui fera de votre site internet et de votre application quelque chose de vraiment neuf, à la fois totalement intuitif, sans accroc, agréable et rassurant. Une interface avec le moteur qui doit faire comprendre à chacun de vos clients à quel point il a bien fait de quitter les réseaux obscurs de la distribution classique de produits d’épargne, et qui lui donne une réelle autonomie sans lui faire craindre une trop forte responsabilité.

Sur le papier, ça semble plutôt simple. Et d’ailleurs, depuis le moment où nous avons engagé notre projet en créant une société dédiée, Optimvest, de nombreux robo advisors ont été lancés en France ou seraient sur le point de le faire, comme dans beaucoup d’autres pays. Dès la mi-2015, notre business plan était prêt, nous avions le sentiment d’avoir un « moteur » potentiellement légèrement supérieur à ce qui peut être en usage ailleurs – en instillant du « machine learning » dans les mécanismes d’allocation –, nous avions engagé les discussions sur les « tuyaux » avec des prestataires financiers de référence et nous allions nous atteler à la préparation de la « vitrine ».

 

Pourtant, plus nous avancions et devions essayer de convaincre nos interlocuteurs, plus il nous semblait évident que quelque chose clochait. Quelque chose de tout simplement essentiel : les clients ne seraient pas au rendez-vous. En tout cas pas assez. Or la gestion est d’abord une affaire de volume, et plus encore la gestion « fintech » qui veut faire économiser de l’argent à ses clients, et dont les faibles commissions nécessitent des volumes considérables pour être viable.

 

Au moins quatre facteurs justifient que décidément, non, l’heure ne paraît pas encore venue en France de la gestion sans gérants et sans vendeurs dont nous rêvons :


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#2
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le 01 janvier 0001
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